À six mois de la présidentielle, les lignes bougent dans un contexte de forte tension sociale. Bruno Retailleau, candidat LR, a annoncé vouloir saisir le RSA, les APL et les allocations des personnes qui étaient condamnées pour “casse”. La Dépêche du Midi vous propose de suivre toute l’actualité liée à la présidentielle 2027 dans ce direct.
Gérard Larcher : “Je ne suis pas candidat”
Mardi, Yaël Braun-Pivet avait laissé entendre que Gérard Larcher pourrait être une solution en cas de candidature unique du centre et de la droite pour la prochaine élection présidentielle. 24 heures plus tard, le président du Sénat a répondu à la présidente de l’Assemblée nationale, dans les colonnes du Figaro . Il a notamment remercié Yaël Braun-Pivet, tout en fermant la porte à cette hypothèse. “Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle”, a-t-il dit. Son entourage a précisé, interrogé par nos confrères. Gérard Larcher vient d’être élu président du Sénat. C’est la fonction qu’il souhaitait, il a la confiance des sénateurs, ce n’est pas pour briguer un autre mandat que celui-ci.”
Rejoindre le potentiel gouvernement de Marine Le Pen ? C’est non, pour Bruno Retailleau
Interrogé sur Europe 1 ce mercredi matin sur l’attitude qu’il adopterait en cas de victoire du Rassemblement National en 2027, Bruno Retailleau s’est présenté comme un “homme de convictions”. Et a fermé la porte à toute entrée dans un gouvernement formé par Marine Le Pen. Le candidat Les Républicains à la présidentielle a balayé cette hypothèse, affirmant qu’il n’apporterait “jamais” son “concours” au RN, qui multiplie pourtant les appels du pied à droite.
“Il faut un processus pour désigner le candidat de ceux qui ne veulent ni Le Pen ni Mélenchon” : Marc Fesneau ouvre la porte à une primaire de la droite et du centre
Invité sur le plateau de Public Sénat , le président du groupe Les Démocrates (MoDem) à l’Assemblée nationale, Marc Fesneau, a plaidé pour la mise en place d’une méthode claire afin d’unir les forces politiques centrales en vue de la présidentielle de 2027. Soucieux d’éviter une dualité fratricide entre les blocs radicaux, le responsable centriste appelle à la constitution d’un grand rassemblement républicain capable de dépasser les querelles d’appareils et de présenter une alternative crédible face aux candidatures de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon.
« Il faut un processus pour désigner le candidat de ceux qui ne veulent ni Le Pen ni Mélenchon ». Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l’Assemblée nationale, plaide pour un grand rassemblement face aux extrêmes.#BonjourChezVous pic.twitter.com/mC8lDLOVhq
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Laurence Rossignol désignée pour piloter les finances de la campagne de Raphaël Glucksmann
La sénatrice socialiste du Val-de-Marne, Laurence Rossignol, a été nommée présidente de l’association de financement chargée de soutenir la candidature de Raphaël Glucksmann en vue de l’élection présidentielle de 2027. Elle formera un duo avec sa collègue du Sénat, Marie-Pierre de la Gontrie, désignée au poste de trésorière de la structure. Rejointes par le sénateur Alexandre Ouizille, nommé quant à lui directeur de campagne, ces personnalités marquent une présence déterminante des élus socialistes de la Haute Assemblée aux postes stratégiques de l’organigramme du fondateur de Place Publique.
Gabriel Attal prône un “capitalisme de l’innovation” alliant choc libéral et planification de l’État
Lors de la présentation de son programme économique pour la présidentielle de 2027, le candidat Renaissance Gabriel Attal a détaillé sa stratégie résumée par la formule “libérer et planifier”. D’un côté, l’ex-Premier ministre propose une nette simplification réglementaire et fiscale comprenant la suppression d’un quart des charges administratives pour les entreprises, une loi de stabilité normative sur dix ans, ainsi que le remplacement du Code du travail par une “Constitution du travail” renvoyant l’essentiel des règles aux négociations d’entreprise ou de branche. De l’autre, il défend une interventionnisme ciblé inspiré du modèle gaulliste pour orchestrer la planification des filières d’avenir, visant notamment 200 milliards d’euros d’investissements publics et privés d’ici 2040 dans l’intelligence artificielle et l’informatique quantique.
Je propose une planification économique sur 10 ans dans 5 filières stratégiques et prioritaires :
1. L’intelligence artificielle et le quantique, avec 200 milliards d’euros d’investissement d’ici à 2040 ;
2. Les biotechnologies ;
3. L’énergie, en investissant notamment dans la… pic.twitter.com/XqMzaswxIk— Gabriel Attal (@GabrielAttal) October 28, 2026
Le gouvernement exclut tout report des dates de la présidentielle de 2027
À l’issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a ferme la porte à toute modification du calendrier de la présidentielle de 2027, dont les deux tours restent fixés aux 18 avril et 2 mai. Alors que des voix s’élèvent pour décaler le scrutin afin d’éviter la concomitance du second tour avec la fête du Travail et les risques de résurgence des violences du 17 octobre, l’exécutif refuse de céder à ce qu’il qualifie d’intimidation. Opposée à l’idée de “poser un genou à terre face aux délinquants”, la porte-parole affirme que les forces de l’ordre ont prouvé leur capacité à maîtriser la situation et à garantir le maintien de l’ordre public sans adapter les échéances démocratiques aux fauteurs de troubles.
Marc Fesneau s’oppose à tout report du calendrier de la présidentielle 2027 réclamé par la droite
Invité sur le plateau de Public Sénat ce mercredi, le président du groupe MoDem à l’Assemblée nationale, Marc Fesneau, s’est vivement opposé aux demandes formulées par la droite et l’extrême droite visant à modifier les dates de l’élection présidentielle de 2027. Alors que le calendrier officiel fixé en Conseil des ministres prévoit un second tour le 2 mai – au lendemain du 1er-Mai – le candidat LR Bruno Retailleau réclame un avancement des scrutins aux 11 et 25 avril par crainte de violences similaires à celles du 17 octobre. Qualifiant cette revendication de capitulation, Marc Fesneau a fustigé une posture qui reviendrait à “donner raison aux casseurs” et à “baisser les bras” face aux menaces de débordements : “Dans une démocratie, dire qu’il faut choisir les élections en fonction des casseurs […], moi je trouve que c’est assez curieux”, s’est-il agacé, dénonçant la résignation ambiante face aux risques de violences de rue.
Que dit la plainte des avocats de Marine Le Pen ?
Les six avocats de Marine Le Pen ont annoncé avoir déposé une plainte devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), contre Didier Guérin, magistrat honoraire. Ce dernier affirmait ainsi que Marine Le Pen “est actuellement inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi” : “Les affirmations posées sont en contradiction manifeste avec le Droit positif sur la question de l’exécution provisoire . Monsieur Guérin assoit son raisonnement sur deux décisions relevant du cas d’espèce, et dont une rendue par ses soins du temps de sa présidence de la Chambre criminelle de la Cour de cassation”, expliquent les conseils de la candidate RN. “Outre le fait qu’un magistrat ne peut se livrer au commentaire de sa propre décision, une telle analyse bafoue le principe fondamental de l’effet suspensif du pourvoi mais aussi et surtout celui de l’effet dévolutif de l’appel qui ‘remet la chose jugée en question devant la juridiction d’appel'”, reprennent les avocats.
Le 27 octobre 2026, a été publié dans les colonnes du Journal LE MONDE, un entretien avec Monsieur Didier GUERIN, magistrat honoraire près la Cour de cassation, sous l’intitulé « Marine Le Pen est actuellement inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi… pic.twitter.com/LRzzUkko6N
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) October 27, 2026
Un risque majeur d’invalidation de la candidature de Marine Le Pen par le Conseil constitutionnel ?
Selon le magistrat Didier Guérin, le pourvoi en cassation de Marine Le Pen suspend l’arrêt d’appel mais laisse subsister l’exécution provisoire des cinq ans d’inéligibilité prononcée en première instance. Concrètement, si la Cour de cassation ne tranche pas avant le 26 mars 2027 – date limite de la liste officielle – ou si elle annule l’arrêt pour ordonner un nouveau procès, le Conseil constitutionnel devra déclarer la candidate inéligible, éliminant ainsi la chef de file du Rassemblement national trop tard pour que son parti puisse désigner un remplaçant.
Yaël Braun-Pivet prône une candidature unique du centre et de la droite en citant Gérard Larcher
Dans un entretien accordé au Figaro, la présidente Renaissance de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, exhorte les forces politiques allant “du MoDem à la droite républicaine” à désigner rapidement un candidat unique en vue de la présidentielle 2027. Jugeant qu’il faut “absolument empêcher” une affiche de second tour opposant le Rassemblement national à La France insoumise, l’élue estime que “le moment est venu” d’accélérer le tempo et suggère le nom du président du Sénat, Gérard Larcher, comme une figure clé capable d’incarner ce rassemblement.
David Lisnard invite Éric Ciotti à rompre avec le RN pour rejoindre sa candidature
Interrogé sur CNews , le maire de Cannes et candidat libéral à la présidentielle, David Lisnard, a réagi aux appels d’Éric Ciotti l’invitant à se ranger derrière l’alliance UDR-RN en retournant la proposition à l’ancien président des Républicains. Estimant que la plateforme économique du Rassemblement national – notamment le retour à la retraite à 60 ou 62 ans – contredit fondamentalement les idées défendues par le maire de Nice, l’élu cannois a affirmé : “Le programme de l’UDR est très proche de ce que je dis, mais très éloigné du Rassemblement national”. Invoquant le manque de crédibilité financière de Marine Le Pen ainsi que les récentes polémiques entourant le parti lepéniste, David Lisnard a lancé : “J’appelle donc Éric Ciotti à me rejoindre, à se séparer du RN”.
Charles Alloncle nommé porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen
L’ancien rapporteur UDR de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public, Charles Alloncle, intègre l’équipe de campagne de Marine Le Pen en qualité de porte-parole, aux côtés de figures du Rassemblement national telles que Laure Lavalette ou Laurent Jacobelli. Cette nomination officialisée par le parti nationaliste, qui confie également au député de l’Hérault la coordination du pôle “IA et nouvelles technologies”, illustre le poids grandissant d’Éric Ciotti auprès de la candidate et vient récompenser un parlementaire qui s’est fait connaître grâce à la viralité de ses interventions lors des auditions parlementaires.
Bruno Retailleau propose de couper les aides sociales des auteurs de dégradations
Invité ce mardi sur l’antenne de RCF Notre Dame , le candidat Les Républicains à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, a plaidé pour une durcissement inédit du maintien de l’ordre face aux violences urbaines et aux dégradations commises en marge des manifestations, notamment celles du 17 octobre dernier. Souhaitant faire prévaloir une logique de responsabilité financière, l’élu de droite a défendu l’instauration d’une présomption de responsabilité pour les participants aux attroupements violentés et préconisé la saisie d’aides sociales telles que le RSA ou les APL, martelant que “les aides, ce n’est pas un dû” et qu’il n’appartient plus aux contribuables d’assumer le coût des pillages.
Marine Le Pen “inéligible” ? C’est ce qu’estime aujourd’hui Didier Guérin, haut magistrat, une plainte déposée contre lui
Comme l’annoncent nos confrères du Figaro , les six conseils de Marine Le Pen ont déposé une plainte devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) à l’encontre du magistrat honoraire Didier Guérin, ancien président de la chambre criminelle de la Cour de cassation, contestant vivement son analyse juridique publiée dans la revue Droit Pénal. Dans sa tribune, l’ancien juge estime que “Marine Le Pen est actuellement inéligible jusqu’à la décision de la Cour de cassation sur son pourvoi”. Celui-ci affirme que, malgré l’arrêt d’appel du 7 juillet dernier – qui réduisait la peine d’inéligibilité de la candidate du Rassemblement national à 45 mois dont 30 avec sursis, couvrant une période déjà purgée – le pourvoi en cassation suspend la décision d’appel et ferait renaître l’exécution provisoire des cinq ans d’inéligibilité prononcée en première instance . Qualifiant ce raisonnement d’erroné et dénonçant une atteinte à la déontologie judiciaire, la défense soutient à l’inverse que l’effet dévolutif de l’appel s’applique et que Marine Le Pen est pleinement éligible pour la présidentielle.
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